CETTE NUIT LA MER EST NOIRE. MÉMOIRES D'UNE FEMME LIBRE. Florence Arthaud. (Ed. Arthaudpoche, 2016. Cote 92, vécu). Autobiographie.

Il nous arrive parfois de traverser en nos vies des périodes difficiles. Elles peuvent être soudaines, comme en ce livre – tomber à la mer – ou plus durables comme une séparation, une maladie ou des difficultés financières.

Avec humour et gentillesse, Florence Ar­thaud raconte qu'elle est tombée à l'eau… à 30 kilomètres des côtes. Alors que son bateau, qui ne contient plus que son chat, s'éloigne, elle raconte. Entre désastre et sauvetage – puisqu'elle a survécu – elle ajoute son récit de vie.

Le livre est captivant, court et facile à lire, généreux même.

Mêlant poésie et aventures, elle raconte avec délicatesse et honnêteté les petits et les grands moments de sa vie et, cette nuit-là, sa mésaventure. On y cherche peut-être l'ex­pression de grands principes, mais c'est avec simplicité, au fil de son existence, que l'on dé­couvre la volonté de Florence Arthaud d'être libre, qui plus est d'être une femme libre dans un milieu encore très masculin. Elle y réussit, puisqu'elle a été la première femme à gagner une grande course à la voile en solitaire. S'y ajoute l'appel de la mer et du vent, de la voile, un univers en soi, à connaître ou à vivre, à découvrir ou redécouvrir, même depuis nos montagnes.

Il est bon de savoir que cette fois-là, la chance et les secours ont été particulière­ment efficaces. Retrouver une personne tom­bée dans l'immensité de la mer est difficile. Comme ça l'est parfois de se retrouver soi-même et de continuer, de progresser, avec paix et lucidité.

Bonne lecture !

Christophe Barbey

 

LA MAGIE DU RANGEMENT. Marie Kondo. (First Editions, 2015. Cote 159.965). Vie pratique.

A moins que votre monde ne se termine à la porte de votre maison, Marie Kondo ne rangera pas le monde pour vous. Quoi que ; il en a parfois besoin et si on commençait par chez soi ?

Son livre « La magie du rangement » vous aidera assurément à ranger chez vous et se révélera même d'un indiscutable secours dans les cas de désordre grave.

Premier enseignement, le désordre n'est pas endémique. Avec un peu d'organisation, il est possible de le faire disparaître à tout jamais… C'est vrai et ce n'est pas difficile. Un livre encourageant et utile. Ensuite, ne gardez que les objets que vous aimez ou presque ! Et suivent plein d'astuces pour les ranger, voir pour aimer les endroits où vous les mettez ! Mais je ne vais pas vous raconter le livre. A vous de voir si vous voulez tenter l'effort ou vous y intéresser.

Le style est un peu technique et un peu répétitif. Mais le lire d'un coup n'aurait pas de sens ; il faut pratiquer chaque chapitre, parfois longuement. Par ailleurs de par chez nous et lorsque cela est possible, on préféra le recyclage au sac-poubelle. Le style est parfois aussi un peu mystique ; saluer sa maison et toucher ses objets pour ressentir leur rôle actuel dans votre vie. Mais là où elle a raison, là où elle est d'une immense lucidité pour une personne qui a fait du rangement sa vie professionnelle, c'est lorsqu'elle nous précise que ranger n'est pas un but en soi ; c'est juste une façon d'aller mieux et plus loin dans nos vies, c'est un outil nécessaire et une source d'inspiration !

Magique cela ? Ou juste une vie bien rangée ?

Bonne lecture à vous et si nécessaire : bon rangement !

Christophe Barbey
 

Là OÙ CROÎT LE PÉRIL… CROÎT AUSSI CE QUI SAUVE ! Hubert Reeves. (Éditions du Seuil, 2013. Cote 501). Cosmologie.

Des confins de l’univers à notre chère planète Terre, Hubert Reeves nous raconte l’histoire – notre histoire, celle de la vie et de l’humanité ! – d’un point de vue à la fois scientifique et humain, passé et à venir.
Son petit livre d’à peine 150 pages est facile à lire. Il commence par ce qu’il appelle « la belle histoire », soit le nombre de coïncidences qui rendent possible la vie sur Terre; sans elles nous ne serions pas là pour en parler ! Parmi celles-ci, on notera l’orbite ronde de notre planète autour du Soleil, ce qui est rare et nous donne une température ambiante constante. Ou aussi le noyau chaud de la planète qui crée le magnétisme et donc nous protège des rayons cosmiques. Il détaille ensuite la création du terreau fertile – l’air, l’eau et la terre ! – qui permettra progressivement l’apparition de la vie, puis son évolution jusqu’à notre propre espèce. Il continue en racontant « la moins belle histoire », celle où l’émergence de l’intelligence permet à l’humanité de survivre et de modeler son territoire, mais trop souvent aux dépends de l’environnement et par l’extinction d’un nombre considérable d’autres espèces vivantes. Cette partie du livre est franchement triste, car la liste des espèces disparues, du fait de l’être humain, n’est ni récente, ni courte et l’humanité pourrait finir par y figurer.
Mais le livre reprend ensuite avec espoir l’histoire de la philosophie et de la nature, fait le constat de plus en plus évident de la fragilité de la vie et évoque le lien nécessaire entre tous les éléments de la biodiversité. Il cite au passage quelques exemples de succès dans la protection de la vie et mentionne l’importance de la compassion dans le processus de progrès.
Reprenant alors le faisceau des coïncidences extraordinaires, Hubert Reeves, sans vraiment y répondre se demande si « dame nature » a voulu ou non l’existence de l’humanité et de l’intelligence, la gestion de la complexité. Selon lui, l’intelligence qui a tenu un rôle si négatif dans la moins belle histoire peut désormais prendre part à la belle histoire en exprimant une « éthique de la terre » et en réussissant ce qu’il appelle «l’examen de passage » de la conscience de notre existence.
Un livre à partager et à faire connaître, à tout le moins avec celles et ceux qui aiment l’humanité et son devenir, ou qui pourraient apprendre à les aimer mieux.
Bonne lecture !
Christophe Barbey

 

LE JOUR  J'AI OUVERT LES YEUX. Anand Dilvar. (Éditions Jouvence, 2018 pour l’édition française. Cote DIL). Roman.
Partir. Le voyage intérieur total ou presque, l’esprit sans le corps : huit mois dans le coma : conscient de tout. Faire la paix avec soi-même, faire la paix avec la vie, faire la paix avec son corps ou même avec la mort. Faire la paix avec celles et ceux qui ne savent pas que vous les entendez, celles et ceux qui vous veulent du bien, ou non, accepter son guide intérieur puis dialoguer avec lui. Et petit à petit revivre. Autrement.
Un livre fort, à lire comme un coup de tonnerre, portant totalement immobile et silencieux…  Prisonnier à l’intérieur de soi-même, de son corps hors service, entreprendre le dialogue intérieur le plus complet, le plus essentiel.

Et si notre monde, soudain quasiment arrêté, était en train de vivre quelque chose de semblable ?
Comment voulons-nous revivre et que sommes prêts à laisser derrière-nous ?  
Les livres, les cultures et les savoirs, savoir-être et savoir aimer ne disparaîtront pas; pour le reste, c’est à nous d’en décider ! Pour que tout le monde vive !
Bonne lecture !

Christophe Barbey

L'ORDRE DU JOUR. Eric Vuillard. (Actes Sud, Prix Goncourt 2017. Cote VUI). Roman historique.

Un livre magnifique, court et d’un style facile à lire, mais qui interpelle la conscience humaine, on l’espère constructivement.

Une description historique détaillée et vi­vante, drôle parfois, d’une période très sombre de notre histoire: les années 20 à 50 du siècle précédent, la montée du nazisme et l’annexion de l’Autriche; période qui est ensuite directe­ment mise en relation avec certains phénomènes encore présents ou actuels, soit l’influence bonne ou mauvaise de l’industrie et de la finance.

Ce livre – et l’audience que lui accorde alors ce prix prestigieux qu’est le Goncourt – ne sont pas des actes innocents. Suite à cette lecture, resterons-nous passifs et donc complices ou aurons-nous les moyens d’agir autrement ? Par cette excellente mise en exergue d’une triste réalité historique, même romancée, Eric Vuil­lard est-il à même de susciter le sens critique de la lectrice, du lecteur et de le porter de cette compréhension vers l’action ? Ce sera à vous d’y répondre !

Personnellement, j’aurais préféré voir les sources mieux décrites, mais aussi voir mieux évoquées les alternatives et les solutions, car elles existent et d’autres, dont je fais partie, les appellent plus clairement de leurs voeux.

Il est utile de rappeler que nous sommes toutes et tous consommatrices et consommateurs et que par nos caisses de pensions, nous sommes aussi pour la plupart actionnaires. Ainsi à notre mesure, modeste ou grande, nous influençons nous aussi sur la marche du monde, sur l’action et l’avenir des grandes et petites industries, sur les solutions à apporter pour la transition énergé­tique ou plus simplement sur l’épanouissement de toutes et tous sur notre bienaimée planète, en une civilisation qui est souhaitée heureuse et durable.

Bonne lecture !

Christophe Barbey

PETITE. Sarah Gysler, (Éditions Équateurs, 2018. Côte 92 Vécu). Autobiographie.

« Au fond, le monde appartient à celles et ceux qui rêvent tôt ! » Page 107.

Vous ne voyagerez probablement pas comme Sarah, sans argent, et encore moins actuellement. Mais vous pouvez chevaucher son rêve et vivre avec elle une de ses aventures.

C’est une jeune fille d’Épalinges, qui prend son baluchon et qui s’en va. Sans un rond, pour oser le voyage sans argent. Décision inconsidérée ou ouverture vers un plus grand destin, c’est surtout – pour elle déjà – une forme de retour à soi. C’est tout autant un départ à la rencontre de la nature humaine, telle qu’elle est par-delà les contingences matérielles ou la peur de manquer.
Par une écriture ferme et limpide, souvent drôle, Sarah Gysler raconte pourtant des choses difficiles. Une enfance recomposée et une adolescence cabossée, puis un voyage un peu fulgurant. Leçons de courage et de progrès, d’amour souvent, de lâcher prise parfois, d’apprentissage et de vécu de l’expérience, son livre se lit comme une aventure : c’en est une !
Et des plus belles parce qu’édifiante ! Il y a les petits trucs du voyage sans le sou, mais aussi le grand cœur de celles et ceux qui savent la solidarité plus grande que nos besoins. Il y a la survie et un regard net mais ouvert sur les travers du monde. Et il y a une histoire personnelle à vivre et à grandir, à dépasser parfois, à créer surtout et à aimer si c’est réussi (ou pas), mais pour faire mieux ! Le monde n’est-il pas à notre porte et à notre portée ?
L’auteure a un côté espiègle qui se laisse joyeusement lire …
Peut-être avant de se laisser rêver à partir, avec elle ou avec d’autres, avec soi-même ou vers d’autres devenirs, avec ou sans argent, voyage en soi ou voyage à lire.
Bonne lecture !

Christophe Barbey

 

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